Rencontre avec Agathe Ruga, l'auteure de "Sous le soleil de mes cheveux blonds"

Agathe Ruga
Portrait d'Agathe Ruga

Longtemps Agathe Ruga n’a acheté « que des romans qui contenaient le mot Amour dans le titre »1. Pour son premier ouvrage, l’auteure nous livre une histoire passionnelle d’un autre ordre : une histoire d’amitié intense qui lie et anime Brune et Brigitte, les deux B de Sous le soleil de mes cheveux blonds. Retour sur ce roman solaire en compagnie de son auteure, pour prolonger un peu l’été en cette rentrée littéraire.

 

Pouvez-vous nous présenter Brune et Brigitte, les héroïnes de Sous le soleil de mes cheveux blonds, votre premier roman ?

Ce sont deux jeunes femmes idéalistes et avides d’un sens à la vie. Brune est passionnée, révoltée, vive, quand Brigitte (surnom de son amie blonde) vit la plupart du temps en retrait, avec des accès de folie que Brune affectionne par-dessus tout.

 

Pour vous qui lisez « plus pour la forme que pour le fond », comment avez-vous appréhendé votre travail d’écriture ? En tant qu’auteure, avez-vous donné priorité au style ou à la narration ?

C’est un premier roman, écrit avec mes tripes, mes larmes et mon sang, je pense que malgré moi j’ai privilégié le fond donc, je ne suis pas à un paradoxe près dans la vie !

 

C’était aussi douloureux que jubilatoire.

 

Vous ne cachez pas que cette fiction prend ses racines dans la réalité : vous avez dû beaucoup vous amuser en (re)créant vos personnages ?

C’était aussi douloureux que jubilatoire. On s’amuse beaucoup à réinventer la réalité c’est évident, c’est plus coloré aussi. Mais parfois on va chercher des éléments tellement enfouis, intenses, que ça relève de la psychanalyse, et je ne cacherai pas que j’ai trouvé la clé de quelques névroses et traumatismes en posant le point final.

 

Les auteurs sont souvent interrogés sur la véracité de leur histoire. Cette question semble encore plus importante pour les auteurs issus du web : j’ai lu une critique sévère dans laquelle on reproche à votre texte de « trop coller » à vos posts/ photos publiés sur les réseaux sociaux. En tant qu’auteure-blogueuse, quel regard portez-vous sur l’auto-fiction ?

Ce genre de discours me fait soupirer. Si certains ne sont pas à l’aise avec leur intimité ni avec la mienne, qu’ils lisent de la science-fiction ! J’aime profondément décrire la complexité humaine, ça me passionne, et en passant par ma petite existence je tente d’éclairer les autres, ou leur offrir le moyen de l’exprimer par les mots. Qu’est-ce qu’on s’en moque que ce soit moi ou pas ? Je n’ai pas la prétention d’être meilleure que les autres, au contraire, et c’est ça la littérature.

 

Je m’éclate, je joue avec mon imagination, et la réalité toujours.

 

Sous le soleil de mes cheveux blonds a paru dans la collection Arpège, aux éditions Stock. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la place de la musique dans votre roman ?

En effet j’ai créé un fil rouge musical, la BO de France Gall. Le titre est notamment tiré de « Poupée de cire poupée de son » composée par Gainsbourg. C’est totalement fortuit avec la collection Arpège et donne raison une fois de plus à Eluard, « Il n’y a pas de hasards, seulement des rendez-vous » !

 

 

 

Vous travaillez déjà sur un nouveau projet : le processus créatif est-il différent de votre premier ouvrage ?

Oui ! Et ça fait du bien de changer d’air, de méthode. C’est toujours très anxiogène le début d’un roman, quand vous n’avez écrit que dix pages, ça requiert extrêmement de confiance en soi et de patience, ce dernier point n’étant pas ma qualité première. Mais je m’éclate, je joue avec mon imagination, et la réalité toujours.

 

En 2016 vous écriviez sur votre blog « Je ne prête jamais mes livres, ils sont toute mon intimité, ma possessivité est de l’ordre de la relation amoureuse. » Où en est votre relation aujourd’hui : est-elle toujours aussi exclusive ?!

Oui toujours. Et pour être sympa j’ai essayé d’en prêter un ou deux, je l’ai tellement regretté ! Quand ils sont revenus ils ne sentaient plus mon odeur, un peu comme des petits chatons d’une portée qui se seraient absentés trop loin et que je renierais. Chacun sa relation aux livres, et aux hommes… ;)

 

Extrait p 156

Tu me trahis à nouveau, tu passes ta vie à me trahir. Je te déteste. Tu es une incapable, et si je le pouvais, je partagerais cet embryon qui s’accroche à moi, pour te faire revenir, rien qu’une nuit, une seule, on rirait sur de la musique neuve en fumant des clopes, comme avant.

 

Merci beaucoup à Agathe d’avoir si gentiment répondu à nos questions.

 

Source : (1) https://agathethebook.com/ ; extrait de Sous le soleil de mes cheveux blonds, publié aux éditions Stock