Les sublimes funérailles de Victor Hugo

Funérailles Victor Hugo
Victor Hugo reposant sur son lit de mort - © Nadar/Mary Evans/Rue des Archives

Le 22 mai 1885, il y a 135 ans jour pour jour, la France était en deuil du plus grand écrivain du XIXème siècle. Les funérailles de Victor Hugo furent sans nul doute les plus spectaculaires de l'histoire de France. On parle en effet du plus grand rassemblement populaire jamais organisé dans le pays

Victor Hugo meurt : le monde entier retient son souffle

Le 19 mai, une congestion pulmonaire foudroyante touche l'auteur de Notre-Dame-de-Paris. L'agonie dure trois jours et provoque la toute première saga journalistique, des journaux paraissant quasiment toutes les heures pour informer les Français et le reste du monde de l'état de santé du poète et romancier. Lorsqu'il pousse son dernier soupir, on le laisse huit jours sur son lit de mort afin de préparer les funérailles les plus grandioses qui soient. Plus d'un million et demi de personnes veulent assister au spectacle

L'Eglise, grande perdante des obsèques de Victor Hugo 

S'il y a bien une grande perdante des obsèques de Victor Hugo, c'est l'Eglise. Dans le testament écrit par Hugo deux ans avant de mourir, on peut lire : "Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Églises. Je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu". Pas de messe d'enterrement, donc. Le gouvernement gagne cette bataille contre l'Eglise.  

L'occasion d'un soulèvement populaire ? Le gouvernement tremble 

Le tracé du cortège n'est pas anodin : tourner sur la place de la Concorde pour arriver au boulevard Saint-Germain, c'est éviter les quartiers populaires et garder le contrôle pour éviter tout soulèvement. Même le jour des funérailles est calculé : ce sera un lundi, jour férié pour tout le monde... sauf pour les usines. La peur du gouvernement est bien perceptible à travers tous ces calculs. Pour autant, aucun débordement n'aura lieu. 

Une "joie de vivre si forte que la mort même semblait une suprême splendeur" 

En deuil, oui, mais pas en pleurs : pour faire honneur au porte-parole des classes populaires, les Français buvaient et célébraient la vie, transformant son enterrement en véritable fête. Fernand Gregh, collégien de 12 ans à cette époque, le confirme dans l'émission Les nuits de France culture (première diffusion le 11 mai 1951) : en cette période printanière, par un temps magnifique, le tout-Paris ressentait une "joie de vivre si forte que la mort même semblait une suprême spendeur". Élevé dans "l'amour de la gloire et la vénération du génie", Fernand Gregh nous fait le récit de ces funérailles si marquantes, vécues alors qu'il n'était qu'un enfant. "Un murmure religieux sortait de cent mille bouches". 

Une place de choix au Panthéon 

À l'époque où Victor Hugo meurt, le Panthéon n'est pas encore un établissement laïque. Dans le documentaire Visites privées (novembre 2016), nous pouvons découvrir le caveau d'Hugo, tout près de celui d'Emile Zola et d'Alexandre Dumas, dans la crypte. Un caveau superbement restauré dans ce Panthéon si grandiose. 

 

Sources :   Documentaire "Vies privées" (novembre 2016)  / Emission "Les nuits de France culture" : Les funérailles de Victor Hugo, une fête sacrée (juillet 2015)