Le petit monde de Fred Vargas : des personnages hauts en couleurs

Fred Vargas
Fred Vargas

Pour ceux qui ne connaîtraient pas les livres de Fred Vargas, délicieux romans policiers, truffés de légendes et d’Histoire, avec une bonne dose d’humour et de poésie, et surtout des personnages savoureux, drôles, excentriques, attachants, voici un petit récapitulatif de ceux-ci, en espérant que cela vous donnera envie de les découvrir…

La brigade Adamsberg

Singulière est un qualificatif bien en-dessous de la vérité pour décrire l’étrange brigade de flics du commissaire Adamsberg, comme vous allez le constater :

Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg : originaire du Béarn, dernier rejeton d’une fratrie de six enfants, cet étrange petit flic d’une quarantaine d’années, aux cheveux châtains éternellement en désordre, toujours habillé d’un vieux t-shirt noir et d’un pantalon et d’une veste chiffonnés, est tout le contraire d’un Sherlock Holmes ou d’un Hercule Poirot : dépourvu de méthode d’investigation, rêveur, flâneur, flegmatique, Adamsberg ne se presse jamais, ne s’énerve jamais. Il est doué d’un tel calme qu’on lui a demandé d’être tireur d’élite durant son service militaire. Adamsberg ne réfléchit pas, il pense, il rêve, d’où son surnom de « pelleteur de nuages ». Nonchalant, il est incapable d’analyser ou de soutenir un long raisonnement ; il laisse vagabonder ses pensées jusqu’à ce qu’elles l’amènent au coupable, grâce à sa sensibilité, qui lui permet de se mettre à la place des gens. Drôle de commissaire donc, pas forcément bien vu par sa hiérarchie, mais ses résultats lui permettent de rester à la tête d’une équipe aussi excentrique qu’efficace. Il déteste rester assis et aime marcher lentement de longues heures. Pendant les réunions ou les interrogatoires, il reste debout et réalise des petits dessins sur un carnet, souvent des personnes qui sont présentes. 

Le commandant Adrien Danglard : adjoint du commissaire Adamsberg, il est pratiquement son contraire : fébrile, nerveux, ordonné, scrupuleux, cartésien, il seconde efficacement son chef, et leurs relations sont très amicales, même s’il a parfois du mal à suivre ses raisonnements. Danglard est un homme extrêmement cultivé, au savoir encyclopédique, que ce soit en littérature, sciences, histoire, géographie, linguistique, ce qui s’avère précieux pour leurs enquêtes. Abandonné par sa femme, il s’occupe lui-même de ses cinq enfants, notamment le petit dernier, dont sa femme lui a avoué qu’il n’est pas de lui. Il leur raconte parfois ses enquêtes le soir au dîner, pour avoir leurs avis. Grand amateur de vin blanc, il boit énormément, dès le midi, pour noyer ses angoisses et son mal de vivre. Son allure molle et lourde est compensée par un soin maniaque apporté à ses vêtements.

Le lieutenant Veyrenc de Bilhc : Béarnais comme Adamsberg, il a la particularité d’avoir une quinzaine de mèches de cheveux roux sur sa tignasse brune, souvenirs d’une agression au couteau lorsqu’il était adolescent. Aussi flegmatique que le commissaire, il a la manie de parler souvent en alexandrins, ce qui a le don d’agacer Danglard, un peu jaloux de l’amitié qu’Adamsberg lui porte.

Le lieutenant Violette Rétancourt : Cette géante blonde de 2 mètres et plus de 120 kilos est un pilier de la brigade. Malgré sa corpulence, elle court très vite et c’est une redoutable lutteuse qui peut affronter à mains nues n’importe quel adversaire. Doté d’un sang-froid à toutes épreuves, très courageuse, elle a sorti le commissaire de très mauvais pas à plusieurs reprises. Elle n’apprécie que moyennement les méthodes d’Adamsberg, à l’instar de Danglard, mais elle le respecte, alors que lui-même lui voue une admiration sans borne, la surnommant « la déesse », particulièrement en raison de sa faculté à canaliser sa formidable énergie.

Quand sort la recluse

Le brigadier Estalère : le plus jeune de la brigade. Pas très intelligent, naïf, il a de grands yeux verts éternellement écarquillés. Ses facultés étant limitées, Adamsberg, qui l’aime bien, lui a confié la tâche de distribuer les cafés aux autres flics lors de leurs réunions. Il voue une admiration sans borne au commissaire et au lieutenant Retancourt.

Le lieutenant Noël : Irritable, macho, violent, ce flic ténébreux et toujours de mauvaise humeur n’en est pas moins courageux et prêt à tout pour aller au bout d’une enquête. Bien qu’il ne cesse de titiller Retancourt sur son poids, il lui sauve la vie lors d’une enquête.

Le commandant Mordent : Troisième de groupe, cet homme de grande taille, au cou maigre et aux allures d’échassier, se révèle un efficace adjoint pour Adamsberg quand Danglard est hors service, c’est-à-dire dès l’après-midi et après de nombreux verres de vin blanc.

Le lieutenant Hélène Froissy : l’informaticienne de la brigade. Obsédée par la nourriture, elle en cache partout dans les locaux, de peur de manquer pour elle et toute la brigade, bien qu’elle reste obstinément mince.

Le lieutenant Mercadet : très intelligent, il pourrait être le flic le plus normal de la brigade s’il ne souffrait pas de narcolepsie, ce qui a obligé Adamsberg à placer des coussins et des oreillers dans toute la brigade pour prévenir toute envie subite de son lieutenant de s’endormir.

Le lieutenant Voisenet : ichtyologue, plus passionné par l’étude des poissons et mammifères marins que son métier, son bureau est rempli de revues spécialisées ; il lui arrive même de ramener des spécimens au sein de la brigade, au grand déplaisir de ses collègues.

Le brigadier Lamarre : ancien gendarme, très timide, il a parfois du mal à suivre le rythme étrange imposé par Adamsberg, tant il est habitué à la discipline et à l’ordre.

Le lieutenant Justin : On sait juste de lui qu’il est blond !

Le lieutenant Kernorkian : Tout ce qu’on apprend sur lui est qu’il est d’origine arménienne…

La Boule : c’est un chat blanc adopté par la brigade où il vit. Il passe le plus clair de son temps à dormir sur la photocopieuse, ce qui pose quelques problèmes d’ordre pratique. Il est si paresseux qu’il faut le porter jusqu’à son écuelle située à côté du distributeur de boissons, où hommes et bête peuvent s’abreuver. Il sauvera néanmoins au cours d’une enquête la vie de Violette Retancourt qu’il adore.

Coule la seine Fred Vargas

 

Les proches d’Adamsberg

Camille Forestier : le grand amour d’Adamsberg, qui la surnomme « petite chérie ». C’est une violoniste virtuose au sein d’un grand orchestre. Passionnée de plomberie, elle aime faire des travaux entre deux concerts ; quand elle est malheureuse, elle se plonge dans les catalogues de bricolage pour oublier. Son histoire avec Adamsberg est très chaotique. Ils ont eu ensemble un fils qui vit avec elle, Thomas, dit « Tom ».

Armel Louvois, dit « Zerk » : le premier fils d’Adamsberg, âgé d’une vingtaine d’années ; le commissaire n’a appris son existence que récemment, au cours d’une enquête. Sa mère étant morte, il emménage chez lui. Il ressemble beaucoup à son père : petit, lunaire, désordonné, rêveur, toujours dans les nuages. Il prépare les repas à la maison, continuellement composés de thon et de tomate. Il est secrètement amoureux de Violette Retancourt.

Lucio : ce vieil espagnol estropié est le voisin d’Adamsberg, qu’il surnomme « hombre ». Il aime bien uriner contre l’arbre commun aux deux maisons le soir et boire une bière avec le commissaire, malgré la désapprobation de sa fille qui vit avec lui. Il a perdu son bras au cours de la guerre d’Espagne, sans avoir eu le temps de gratter une morsure d’araignée : depuis, il se gratte continuellement dans le vide.

Louis Kehlweiler : ancien flic, il est devenu détective grâce aux nombreux dossiers qu’il a subtilisés à la Préfecture. Né d’un père allemand et d’une mère française, il est surnommé « le fils du Rhin ». Il a collaboré plusieurs fois avec Adamsberg. Il se promène en permanence avec un crapaud dans sa poche, appelé « Buffo ».

L'armée furieuse

 

Les évangélistes

Il s’agit de trois historiens sans le sou, qui ont décidé d’emménager ensemble dans « la baraque pourrie » grâce à son loyer modique. Le « réfectoire » est la salle commune, et chacun vit à un étage précis, selon l’ordre chronologique : le préhistorien au premier, le médiéviste au second, le contemporanéiste au troisième. Comme ils n’ont pas le téléphone, ils tapent sur le plafond du rez-de-chaussée pour les rassemblements et les repas. Ils aident régulièrement Adamsberg dans ses enquêtes, et en mènent une eux-mêmes.

Marc Vandoosler, dit « Saint Marc » : historien spécialiste du Moyen-âge, c’est lui qui a repéré la « baraque pourrie » et a proposé à ses collègues d’y emménager. Il est toujours habillé en noir, est chaussé de bottes et porte de lourdes bagues en argent. C’est un célibataire malgré lui, perpétuellement à la recherche de son âme sœur, sensible, très nerveux et sanguin, spontané et passionné. Il s’énerve pour un rien, mais ses colères retombent rapidement. Ses recherches historiques lui rapportant peu, il est homme de ménage le jour.

Lucien Devernois, dit « Saint Luc » : historien spécialiste de la première guerre mondiale. Il n’y a que ses recherches qui comptent pour lui, tout ce qui n’a pas trait à la Grande Guerre est sans intérêt. Il utilise sans arrêt des expressions des soldats de ce conflit. C’est un grand excentrique, il parle tout le temps très fort et se déplace comme un ouragan dans la maison. Avec sa mèche brune qui lui retombe sur le front et sa cravate qu’il porte en permanence, même pour faire des travaux, c’est un colocataire bien bruyant mais attachant, prêt à tout pour consoler Saint Luc de ses déboires amoureux.

Mathias Delamarre, dit « Saint Mathieu » : spécialiste de la préhistoire, ce grand blond erre souvent en sandales et parfois complètement nu, comme pour se rapprocher du mode de vie de l’homme de Cro-Magnon. Avare de paroles, toujours calme, il est le parfait contrepoids aux deux autres évangélistes survoltés. Habitué à pratiquer des fouilles, il sait reconnaître au premier coup d’œil une terre fraîchement retournée, ce qui peut être pratique à Adamsberg pour retrouver des cadavres.

Armand Vandoosler, dit « Vandoosler le vieux » : Ancien flic à la retraite, c’est l’oncle de Marc. Il vit avec eux dans la maison pourrie, il loge au dernier étage, sous les combles. Epicurien, fantasque, grand séducteur, il est un conseiller utile à ses colocataires en cas de problèmes avec la police. C’est lui qui a eu l’idée de surnommer Marc, Lucien et Mathias « les trois évangélistes ».

Pars vite et reviens tard

 

Nous espérons que ce petit abécédaire des personnages crées par Fred Vargas vous a donné envie de plonger dans ses romans. Elle possède une telle imagination, une telle inventivité que des millions de lecteurs avec impatience la sortie de son prochain roman.