John Fante : un géant passé inaperçu

John Fante
Portrait de John Fante

BandiniMon chien stupide, Demande à la poussière... Si vous connaissez ces titres, c'est que vous faites partie d'un petit groupe de personnes ayant su dénicher dans les recoins les plus poussiéreux des rayons pour livres une véritable pépite : John Fante.

Fante, un immigré italien rêvant d'intégration

Né dans le Colorado d'une famille croyante et conservatrice d'immigrés italiens, les récits de Fante racontent souvent la même histoire : la sienne dans les États-Unis du XXème siècle. Son personnage (« Bandini »), un jeune homme rêveur, passionné, plein d’ambition et d’ambiguïté et doté d'une grande sensibilité dépeint les malentendus, les humiliations, les revanches qui empoisonnent les rapports entre les êtres humains. Mais ce qui se dégage aussi de ces écrits c'est une certaine rage, un désespoir qui se transforme parfois en ironie cynique.

Lire Fante, c’est faire l’expérience unique de pénétrer au plus profond de l’âme d’un homme, dans toute sa complexité, ses contradictions, ses humiliations, ses fantasmes... Voulant être le plus grand écrivain de tous les temps mais renvoyé toujours à ses origines italiennes par une partie de la communauté américaine anglo-saxonne, Fante rêve d'intégration.

Ses textes parus dans The American Mercury

Entre 1927 et et 1931, il tente de mener des études universitaires mais échoue à chaque fois. Il part pour Los Angeles à l'âge de 20 ans, en 1929, vivant de petits boulots et cherchant à être publié. Ce n'est qu'en 1932 que le succès arrive avec le soutien d'H.L. Mencken, rédacteur en chef du Amercian Mercury, revue prestigieuse qui le publiera régulièrement (Fante se fait passer pour plus jeune par orgueil.). Les deux hommes garderont une correspondance pendant plus de vingt ans.

John Fante, scénariste pour Hollywood

Il abandonne progressivement l'écriture romanesque pour une activité beaucoup plus rentable : l'écriture de scénarios. Travail qu'il qualifiera de « purement alimentaire. » Côtoyant Hollywood, il cherche à se rapprocher de son « Italie », il vit alors dans un monde en suspens, idéalisant une Italie au sein d'une Amérique qui le refuse. Son envie de marquer la littérature américaine et de prendre sa revanche sur les WASP (White Anglo-saxon Protestant), cette population qui a fondé le mythe du rêve américain, n'aboutira jamais.

Le soutien inconditionnel de Charles Bukowski

Il faudra attendre qu'un dénommé Charles Bukowski se batte pour faire connaître l’œuvre de John Fante, qui est alors en fin de vie (atteint de diabète il est devenu aveugle et cul de jatte), mais qui malgré tout arrivera a dicter à sa femme son dernier roman, Rêves de Bunker Hill. Fante traverse alors les frontières et atterrit en France et en Italie, où son œuvre connaît un grand succès. Aux Etats-Unis, il n'est toujours pas reconnu comme un grand écrivain. 

Mon chien stupide bientôt au cinéma

Il est à noter qu'un filmMon Chien Stupide, avec Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg, sortira dans nos salles le 30 octobre prochain. Une belle occasion de (re)découvrir l'oeuvre ! 

 

Pssst... Si vous n'avez encore jamais lu Fante mais que notre brève vous en a donné l'envie, nous vous conseillons vivement de commencer par Bandini. Bonne lecture ! 

 

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