Pourquoi Le 1 fait le plein : rencontre avec Eric Fottorino

DR - Eric Fottorino

Pourquoi Le 1 fait le plein ? Peut-être bien parce que ce journal hebdomadaire ne tombe pas dans le panneau du remplissage. Vous avez remarqué ? Plus la terre entière a accès à l’information, plus le journalisme va mal. Il y a un truc ! Une question de fond par semaine, une semaine pour la lire et la digérer, voici qui tranche avec le flux compulsif de l’information et son effet palimpseste, au risque de mettre sur le même plan le nucléaire et un match de foot. Une question avec toujours le temps long et de la pensée non formatée de l’écrivain. Et en kiosque. 

Petit entretien avec Éric Fottorino son fondateur, longtemps journaliste au Monde qu’il a dirigé, romancier (Rochelle, Coeur d'Afrique, Le dos crawlé, L’homme qui m’aimait tout bas, Korsakov, Le marcheur de Fès), sportif fou de cyclisme (Je pars demain, Petit éloge de la bicyclette).

Le 1 Hebdo est, depuis avril 2014, ce rendez-vous hebdomadaire en kiosque, qui interroge «une» question d’actualité. Comment choisissez-vous celle-ci ?

Éric Fottorino : «Au terme d’une discussion entre nos journalistes et des chercheurs qui composent notre comité de rédaction. Nous tentons de cerner une question qui structure le débat public sans céder au bruit médiatique. La bonne question n’est pas forcément celle qui fait le plus de bruit

Il vous faut, à chaque fois, trouver les écrivains et acteurs de la société civile pour se prêter à l’exercice… cela gouverne-t-il la question ? 

Éric Fottorino : «Non, d’abord la question le quoi, puis ensuite le comment et avec qui, quels auteurs solliciter.                   

                   «Je souhaitais un journal qui nous ressemble,

                         qui élucide le réel aussi par le chemin de la fiction» 

Avant-même de lire les propositions de réponse, le lecteur sait qu’il a rendez-vous avec cette question : avez-vous un retour de sa part sur ce choix ?

Éric Fottorino : «Oui, énormément, par nos réseaux Facebok et Twitter, par courrier postal aussi ! Et notre communauté de lecteurs suggère régulièrement des thèmes qu’elle voudrait voir traités par Le 1. »

Donner la part belle aux écrivains, n’est-ce pas contradictoire ? Le premier mobile de l’écriture n’est pas de se faire acteur de la société civile…

Éric Fottorino : «Je souhaitais un journal qui nous ressemble, qui élucide le réel aussi par le chemin de la fiction. »

La presse est en crise, le livre se porte bien. Cette crise n’est donc pas uniquement pécuniaire. Comment l’analysez-vous ?

Éric Fottorino : « C’est une crise de l’offre, des contenus, de la conception d’un journal papier au temps du numérique. »

Quelle différence entre la presse et les médias ?

Éric Fottorino : « La presse hiérarchise, les médias nous inondent indistinctement du meilleur et du pire, surtout du pire... .»

L’écrivain ne trempe pas sa plume dans le même encrier que le journaliste : qu’est-ce qui vous plaît chez cet être au for intérieur non formaté ?

Eric Fottorino : « La Liberté. »

Comprendre le monde : une mutation silencieuse, voire risquée ?

Éric Fottorino : «La mutation du travail, entre la montée de la robotisation et l’intelligence artificielle. »

Qui vous lit ?

Éric Fottorino : «Nous comptons près de 3000 étudiants, 1200 CDI de lycées sont abonnés. Beaucoup de jeunes, à travers nos trois vagues d’études de lectorat, répondent que le 1 est le seul journal qu’ils lisent en papier. »

Le 1 Hebdo tient d’Albert Camus. Vrai ou faux ?

Éric Fottorino : « A titre personnel je tiens de lui. Donc le 1... .»

Votre « rusebod », Le Marcheur de Fès ou bien votre carte de presse ?

Éric Fottorino : « Je revendique les 2 qui ne font qu’ 1 pour moi... ;»

 

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