Les objets fétiches de nos auteurs contemporains

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Les auteurs contemporains sont nombreux à posséder un ou plusieurs objets fétiches. Toujours près d'eux lorsqu'ils écrivent, ces petits bibelots qui ne paient pas de mine sont pourtant extrêmement précieux à leurs yeux. De Laurent Gaudé à Jean d'Ormesson en passant par Amélie Nothomb et Carole Martinez, allons donc à la découverte de ces fameux objets qui ne les quittent pas. 

La chaise naoplitaine de Laurent Gaudé 

chaise laurent gaudé

Achetée dans le centre historique de Naples, la mini chaise de Laurent Gaudé se tient toujours face à son bureau et il ne peut se déplacer quelque part sans l'emporter avec lui, confie-t-il à sa maison d'édition Actes Sud. Cette "petite fenêtre vers le sud" lui apporte un grand bol d'air lorsqu'il observe la grisaille de Paris.  « Le fantasme absolu, pour moi, en tant qu’écrivain, ce serait de pouvoir mettre cette petite chaise à Naples (…) et écrire, avoir mon papier », affirme-t-il, la vie dans les rues de Naples l'inspirant fortement. Quoi de mieux, en effet, que de s'asseoir sur une bonne chaise à Naples et de contempler les scènes de la vie quotidienne ? 

La chemise de Romain Gary, offerte à Katherine Pancol

chemise romain gary pancol

Katherine Pancol a eu la chance de rencontrer Romain Gary en 1974, par hasard, au détour d'une rue. "Nous avons pris un café. Nous habitions la même rue. Durant deux ans, nous ne nous sommes plus quittés, comme deux solitudes qui se découvrent soudain", affirme l'écrivaine. Visiblement très appréciée, Katherine Pancol a reçu un beau cadeau il y a près de 45 ans : "Un jour, alors qu'il faisait du rangement, il a sorti ses chemises de ses armoires. Elles avaient été faites sur mesure à Barcelone avec le "RG" cousu à la place de la poitrine. Il m'en a offert une vingtaine. Habitant chez les uns et les autres, j'en ai donné à mes amies. Il me restait celle-ci", raconte-t-elle au Journal du dimanche. De quoi la jalouser ! 

La pierre très poétique de Nancy Huston 

pierre nancy huston

Nancy Huston détient elle aussi un objet fétiche : une pierre qui fut un cadeau d’une amie québécquoise, Suzanne Jacob. Cette pierre est loin d'être quelconque à ses yeux puisqu'elle vient d'une rivière de son enfance. Formée par le mouvement de la rivière, elle fait partie de ces pierres qu'on appelle des anges. "Mon amitié avec Suzanne a été très mouvementée comme l'eau, solide comme la pierre", explique l'auteure sur le site d'Actes Sud.   

Le crayon à usage unique de Jean d'Ormesson 

crayon jean d'ormesson

Jean d’Ormesson a un faible pour le crayon de papier. « Chaque roman a d’ailleurs son crayon et, si je le perds, c’est un drame. Il faut que je le retrouve. C’est une petite névrose », explique-t-il aux journalistes du Monde. Il poursuit en partageant avec nous ce souvenir amusant :  « Quand ma fille Héloïse avait 6 ans, on lui demandait : « Que fait ton papa ? » Elle répondait : « Quand il écrit très vite avec un stylo, c’est qu’il écrit un article. Quand il ne fait rien avec un crayon, c’est qu’il écrit un livre. ». 

La bague magique de Jérôme Ferrari

bague jerome ferrari

Depuis juillet 2003, Jérôme Ferrari possède une bague qui vient de Sana (capitale du Yémen), une ville magnifique qu'il nous recommande chaudement de visiter. Cette bague, pourtant très banale en Orient, était portée par le vendeur et fut un véritable coup de foudre pour l'écrivain. "Magiquement, depuis que je l'ai, ma vie va quand même beaucoup mieux", remarque-t-il sur le site d'Actes Sud. L'auteur du Sermon de la chute de Rome serait donc un brin superstitieux...! 

Les cigares de poche de Paul Auster 

Cigare Paul Auster

L'écrivain américain Paul Auster garde toujours dans sa poche quelques petits cigares qui lui ont donné l’idée «du film « Smoke », selon le témoignage qu'il a adressé à la maison d'édition Actes Sud. C'est ce qui s'appelle avoir la classe ! 

La rose séchée d'Amélie Nothomb 

rose amelie nothomb

Les objets fétiches d'Amélie Nothomb sont nombreux et nous n'aurons pas besoin d'évoquer son mythique rouge à lèvres Chanel rouge vif, ni sa paire de mitaines ou encore ses incontournables chapeaux. Toutefois il y a un autre objet porte-bonheur qui lui est cher et que vous ne connaissez peut-être pas. L'auteure de Stupeur et tremblement possède une rose séchée qui porte son nom et qu'elle adore garder près d'elle à domicile. Les couleurs de cette rose lui rappellent le thé et le champagne, apprend-on dans l'article de Gala

Le pendentif navajo de Carole Martinez

collier Carole Martinez

Carole a vingt-deux ans lorsqu'elle découvre "l'objet qui arrête les cauchemars". Elle était alors en voyage avec ses parents aux Etats-Unis. Un artiste navajo vendait ses pendentifs porte-bonheur sur le bord de la route. "Il en avait deux : un bleu turquoise et orange et un autre noir et rouge. J'ai choisi le bleu et orange", raconte la célèbre auteure du Coeur cousu. "J'avais des terreurs nocturnes et, depuis le jour où j'ai eu ce collier, je n'ai plus eu peur. J'ai toujours eu l'impression que c'était mon remède contre la panique", nous confie-t-elle. Lors de ses passages à la télévision, on lui demandait d'enlever son collier de peur qu'il fasse du bruit, mais cela n'était pas négociable, à tel point qu'on s'amusait à l'appeler  "la dame au collier". Malheureusement, le précieux objet s'est cassé le soir de l'attentat du Bataclan. Ce soir-là, Carole Martinez allait dîner pour la toute première fois chez Antoine Gallimard. "J'ai retiré mon manteau et j'ai cassé mon porte-bonheur, qui ne me quittait pas depuis vingt ans. Toutes les petites perles sont tombées d'un seul coup". L'objet fétiche de Carole Martinez est donc à réparer (des bijoutiers parmi nos lecteurs ?). 

 

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