Le prix du style est décerné à Négar Djavadi pour son roman Désorientale

Négar Djavadi est lauréate du Prix du Style ce 22 novembre 2016. L'écrivaine est récompensée pour son premier roman, Désorientale, dont les qualités d'écriture sont admirables. Le prix est remis ce soir dans le 8e arrondissement de paris, au concept store BMW George V.

Parmi les auteurs ayant été sélectionnés pour ce prix en octobre, on compte notamment Gaël Faye et son Petit Pays (déjà Goncourt des lycéens 2016) et Soyez imprudents les enfants de Véronique Ovaldé. 

En quoi consiste le Prix du Style ?

"Comme son nom l'indique, la vocation du prix du style est de rendre à la maîtrise de l'écriture ses lettres de noblesse en récompensant chaque année un auteur vivant pour la qualité stylistique de l'une de ses œuvres", nous explique le fondateur Antoine Buéno sur son site officiel. L'objectif est donc de valoriser les écrivains dont la plume est originale et talentueuse. 

"Que récompensent le Goncourt ou l'Interallié ? Bien malin qui pourrait le dire. Le Prix du Style, lui, primera le style", ajoute Antoine Buéno. On est bien loin de l'effet de mode et de la volonté de créer un prix de mondanité. La récompense à l'issue de ce prix ? "Une plume et un plomb" (littéralement !) ainsi qu'un montant "égal au nombre de pages du livre primé". Une belle idée symbolique par excellence ! 

Pour sa 12ème édition, le Prix du Style prône une romancière déjà bien connue dans les médias depuis la parution de Désorientale (fin août 2016) et qui mérite effectivement toute notre attention de lecteurs. 

Mais qui est donc Négar Djavadi ?

Âgée de 47 ans, Négar Djavadi est d'origine iranienne et pratique le métier de scénariste. Elle arrive en France lorsqu'elle est toute jeune, comme Kimiâ, la protagoniste de son roman incroyablement dense.

Véritable quête identitaire, Désorientale nous montre Kimiâ dans une salle d'attente d'hôpital afin d'accéder au long processus d'insémination artificielle. Ses souvenirs remontent peu à peu et nous découvrons le passé de la jeune femme, de ses parents et de ses grands-parents.  

Kimiâ arrive en France à 10 ans et doit aussitôt s'adapter, s'intégrer... Ou plutôt se désintégrer ? "On ne peut pas apprendre sans désapprendre (...) l'intégration ne va pas sans la désintégration", explique l’écrivaine lors d’un entretien au théâtre de la Bastille. Elle illustre d'ailleurs bien ses propos dans ce récit où Kimiâ se prononce "Kimiam" en iranien et Kimia en français, où l'accent est présent sur le a dans son pays natal et pas en France. 

"Les gens ne connaissent aboslument pas l'Iran", ajoute la romancière. "On en parle beaucoup, mais en réalité on ne connaît pas son histoire". 

En s'adressant directement au lecteur telle une conteuse, Kimiâ nous raconte comment elle s'est libérée du poids familial à travers l'homosexualité et le Rock'n Roll

 

Citation tirée du roman : 

Je suis devenue, comme sans doute tous ceux qui ont quitté leur pays, une autre. Un être qui s'est traduit dans d'autres codes culturels. D'abord pour survivre, puis pour dépasser la survie et se forger un avenir. Et comme il est généralement admis que quelque chose se perd dans la traduction, il n'est pas surprenant que nous ayons désappris, du moins partiellement, ce que nous étions, pour faire de la place à ce que nous sommes devenus.

 

Négar DjavadiDésorientale, éditions Liana Levi

 

Pour aller plus loin... 

>  Retrouvez tous les prix littéraires ici

> Ecoutez Négar Djavadi faire la présentation de son roman (vidéo)