La victoire de Trump suscite le désarroi chez les auteurs américains

la victoire de Trump suscite le désarroi chez les auteurs américains

Des centaines d’auteurs américains avaient signé une pétition anti-Trump au printemps dernier afin d’empêcher que ce dernier ne l’emporte aux élections présidentielles. Aujourd’hui, Donald Trump est élu 45ème président des Etats-Unis et les réactions fusent de toutes parts. JK Rowling, Stephen King, Douglas Kennedy… Les écrivains les plus aimés d’Amérique ont pris la parole pour nous faire partager leurs peurs, leur colère et leur consternation.

JK Rowling

En 2015, la romancière avait déjà commencé à parler des élections dans un Tweet virulent, réponse à un article intitulé « Voilà pourquoi les gens appellent l’homme d’affaires Donald Trump Voldemort ». JK Rowling avait alors répliqué : « Voldemort était loin d’être aussi mauvais ».

Le jour du scrutin, l’auteure a de nouveau posté un Tweet qui révélait au grand jour ses inquiétudes : « D’une façon ou d’une autre, l’histoire sera sûrement faite ce soir. Qu’elle soit bonne, s’il vous plaît… ». Cette publication fut suivie d'un commentaire, "F*ck off", posté par un défenseur de Trump, ce à quoi Rowling avait répondu « La classe à l’état pur, ces partisans de Trump...».

Hier, l’écrivaine a posté un message engagé contre la haine qui risque de s’étendre durant les 4 prochaines années : « Nous restons soudés », dit-elle, « nous ne laisserons pas les discours haineux devenir normaux ».

Stephen king

L’auteur de Shining et des thrillers les plus terrifiants de la littérature se disait mort de peur à l’idée que Donald Trump arrive au pouvoir, en septembre. « Une présidence Trump m’effraie plus que tout », avait affirmé l’écrivain.

En décembre 2015, le maître de l’horreur romanesque n’avait pas hésité à comparer Trump à un « coyote enragé ». Récemment, il parlait même de faire ses valises si Hillary Clinton perdait. « Cela m’effraie à mort. A tel point que j’envisage de déménager au Canada ».

Il y a quelques heures, Stephen King a confirmé son départ sur Twitter avec un texte chargé de sens : « Une dernière chose avant que je m’éloigne pour un certain temps : une affiche courante dans les magasins d’antiquités sur laquelle on peut lire SI TU LE CASSES, TU LE PAYES. »

Douglas Kennedy

L’écrivain connu pour son deuxième roman au succès international, L’Homme qui voulait vivre sa vie et auteur d’une vingtaine de romans a aussitôt fait part de son désarroi ces deux derniers jours.

Juste avant la fin des élections, l’auteur a pris la parole en français sur Europe 1 pour exprimer son « traumatisme ». "Je suis malade" furent ses premiers mots à l'antenne. Il s’est dit choqué et très affecté à l’idee que Donald Trump l’emporte. « Trump est misogyne, misanthrope, obsédé par le pouvoir. Il a un égo de la taille du Canada », affirme le romancier qui ne mâche pas ses mots.

Suite à la victoire de Trump, il a accepté de répondre à une interview pour le magazine Le Point en affirmant que cela est « le plus grand choc de (s)a vie ».

Toni Morrison

La romancière, professeur de littérature et éditrice de 86 ans avait confié aux médias deux jours plus tôt : « si Donald Trump est élu, je ne me sentirai plus américaine ».

Le slogan de Trump,  « Make America great again », l’effraie au plus haut point . « Il s’agit d’un slogan raciste », explique-t-elle. « La question n’est pas ici de rendre sa grandeur à l’Amérique, mais de lui rendre sa blancheur. »

Pour exprimer l’affliction générale provoquée par cette nouvelle, le compte Twitter de Toni Morrison créé par des fans a publié une citation célèbre de l’auteure : « Quand il y a du chagrin, il n’y a pas de mots. Tous les chagrins sont les mêmes. »

Russel Banks

Romancier traduit en plus de vingt langues et membre de l’Académie américaine des arts et des lettres depuis 1998, Russel Banks apparaissait sur un plateau de chaîne américaine (Global Conversation) en mai 2016. La présentatrice de l’émission a demandé à l’écrivain si Trump avait des chances d’être élu aux présidentielles, et celui-ci comparait cette idée à un cauchemar, mais un cauchemar loin d'être impossible.

« Un fou furieux déconnecté de la réalité », « un maître de l’art de la manipulation amoral, imprudent et ignorant », voilà le portrait que Banks avait fait du nouveau président il y a quelques mois.

Tout comme des centaines d’autres auteurs, Russel Banks avait signé la pétition « stop hate Dump Trump » afin de s’opposer au politicien.

Philip Roth

L’été dernier, Philip Roth avait prédit la montée de Trump : « Donald Trump pourrait bien être notre président ». Or l’écrivain a publié récemment un roman, Le complot contre l’Amérique, dans lequel il imagine ce qui aurait pu se passer si le président Roosevelt avait été battu par Charles Lindbergh en 1940, en sachant que ce dernier était désireux de mener une politique d’apaisement envers l’Allemagne nazie.

A la lecture du roman, on peut trouver plusieurs descriptions offrant des parallèles très frappants avec la montée de Trump.

Dave Eggers

Dave Eggers est à la fois auteur, fondateur du deux magazines littéraires (The Believer et Might Magazine) et de la maison d’édition McSweeney’s. Très engagé dans l’actualité politique, il avait alerté la population en mars 2016 : « Donald Trump est de loin le candidat américain le plus dangereux », « il est le type de fou à utiliser la NSA et toute technologie disponible pour espioner et détruire ses opposants ».

Le mois dernier, c’est lui qui avait lancé le projet musical « 30 jours, 30 chansons » contre Donald Trump, persuadé que l’art pourrait changer les choses.  Plusieurs groupes de musiciens (notamment REM, Jim James et Thao Nguyen) se sont alors unis dans un même désir : « dénoncer la campagne de division et de haine de Trump ».  

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