"Il y a quelque chose de plus fort que la mort" - Jean d'Ormesson nous quitte à 92 ans

Jean d'Ormesson
© BALTEL/SIPA - Jean d'Ormesson, avril 2012

"Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants", affirmait Jean d'Ormesson. L'écrivain et académicien âgé de 92 ans est décédé dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017 d'une crise cardiaque. Sa citation sur la mort vaut pour tous les Français, à présent. Nous faisons le deuil d'un sourire espiègle, d'un doux regard bleu et d'une insatiable curiosité pour la vie. "Il a toujours dit qu'il partirait sans avoir tout dit et c'est aujourd'hui. Il nous laisse de merveilleux livres", a déclaré ce mardi 5 décembre matin sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson. 

Auteur d'une quarantaine de livres, Jean d'Ormesson a connu son premier grand succès littéraire en 1971 avec la parution de La gloire de l'Empire, tiré à près de 100.000 exemplaires. Il multiplia les publications ces dernières années et c'est jusqu'à son dernier souffle qu'il prit la plume. 

"Je dirais malgré tout que la vie fut belle" 

Afin d'échapper à Sciences Po, Jean d'Ormesson entre en classe d'hypokhâgne, puis intègre l'Ecole normale supérieure d'Ulm juste après la seconde guerre mondiale. Il passe l'agrégation de philosophie et devient enseignant. 

En 1950, il entre à l'Unesco où il devient l'assistant de Jacques Rueff au conseil international de la philosophie des sciences humaines tout juste créé à cette époque. Il dirigera ce conseil quelque temps plus tard. En 1953, il fonde la revue de sciences humaines Diogène avec Roger Caillois. 

De 1974 à 1977, il dirige le magazine du Figaro. Membre de l'Académie française depuis 1973, il se bat pour voir entrer Marguerite Yourcenar dans ce cénacle prestigieux et d'abord exclsusivement masculin, de sorte qu'elle fut la première femme à l'intégrer. 

En 2015, les éditions Gallimard décident de publier une partie de ses oeuvres dans la Bibliothèque de la Pléiade. C'est lui qui sélectionne lesdites oeuvres, et cet événement ne l'empêche pas de continuer à écrire. Je dirais malgré tout que la vie fut belle paraît en janvier 2016. Ce roman qu'il annonce dans les dernières lignes être testamentaire se révèle comme un véritable voyage à travers les siècles : on passe "de Racine à Paul Morand, de Saint-Simon à François Mitterrand et bien d’autres", peut-on lire dans un article du journal Le Monde.

"Jean d'Ormesson était un gourmand de la vie", déclare l'ancien ministre de la culture Jack Lang au micro de la radio RTL ce matin. " Quand on l’entendait, qu'on le lisait, on se sentait toujours plus optimiste. C’est un exemple merveilleux pour tous ceux qui sont enclins à se plaindre de tout, à s’enfoncer dans la tristesse." 

Anecdote à la fois amusante et très belle symboliquement : son dernier roman va paraître prochainement chez Gallimard et sera donc posthume ; or il s'intitule Et moi, je vis toujours

 

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