Jack London, un aventurier né (vidéo)

Un excellent documentaire à propos de Jack London a été diffusé sur Arte le 2 décembre dernier. "Une aventure américaine", et quelle aventure ! Découvrez la vie mouvementée et improbable du célèbre écrivain disparu il y a tout juste 100 ans. 

Trop souvent perçu comme un auteur pour adolescents, l'auteur de Croc-Blanc, L'appel de la forêt et Loup des mers est mis à' l'honneur dans ce magnifique documentaire où les spécialistes de London nous rappellent combien sa vie et son Œuvre étaient liées. Des aventures, Jack en a vécu, toutes sortes d'aventures... Il en est même le symbole au tournant du XXe siècle. Vagabond, chercheur d'or, reporter de guerre,  marin, rancher... Focus sur l'écrivain le plu sûr célèbre de son temps. 

Un rythme de vie effréné

Saviez-vous que Jack London est né en 1876, date de naissance de l'Amérique moderne ? La vie du romancier est une vraie trajectoire à travers cette modernisation de l´Amérique. Issu d'une famille pauvre, le petit Jack grandit dans la misère de San Francisco avec une mère qui le rejette et qui l'appelle "mon insigne de honte", le père biologique étant parti après avoir pris connaissance de sa grossesse. Jack prend finalement le nom de John London, son père adoptif. Ce dernier lui apporte la tendresse dont il manquait. 

Très vite, sa mère exige de lui qu'il contribue au budget familial : à 14 ans, Jack doit arrêter l'école et travailler dans une usine américaine payée 10 cents de l'heure. Son seul moment d'évasion consiste à lire des récits de voyage. 

Pour échapper à cette atmosphère oppressante, il décide de devenir pilleur d'huîtres et mène une vie de malfrat dans laquelle il se sent bien. C'est là que commence sa vie d'aventurier. Jack a 16 ans. 

A 18 ans, il s'engage comme marin pour une saison de chasse aux phoques dans le Grand Nord. Puis il s'inscrit au lycée d'Auckland afin d'apprendre les bases pour devenir écrivain. Jack se lance alors dans une quête frénétique de savoir, travaillant sans relâche. Chaque jour, il se met à sa table de travail et s'impose d'écrire au moins 1.000 mots. Il ne dérogera plus jamais à cette règle. 

« Je m’appliquais du matin au soir, je composais, je dactylographiais (…) et j’analysais les grands écrivains pour découvrir les raisons de leur succès. Je me privais souvent de manger pour ne pas me détourner de ma dévorante passion ».

Jack London obtient aussitôt un énorme succès littéraire. Son nom et son visage sont connus de tous. 

En 1902, après un mariage qui tombe à l'eau, Jack se rend à Londres et écrit Le Peuple de l'abîme. Ce roman, dont il dit s'être plus investi que pour n'importe quel autre, est fortement lié à ses aspirations socialistes. Jack se reconnaît dans les pensées de Karl Marx, Darwin et Spencer. 

C'est ensuite L'appel de la forêt qui devient un bestseller en 1903. 

En 1904, il part pour l'Asie et rejoint la Corée clandestinement. En tant que reporter de guerre, il frôle la mort et est sauvé de justesse par le président Roosevelt, fan de ses écrits. "Si vous vous en prenez à Jack LOndon, vous vous en prenez aux Etats-Unis et à notre armée", avait lancé Rooselevelt ! 

La construction d'un ranch

Âgé de 28 ans, Jack bâtit un ranch avec sa nouvelle compagne, qu'il épouse un an plus tard, en 1905. Les deux tourteraux ne se quitteront plus. La jeune femme a tout pour rendre Jack heureux : c'est une aventurière indépendante, comme lui, une grande cavalière qui est à la fois son amante et sa partenaire. Elle l'accompagne dans toutes ses aventures. 

Publié en 1906, Croc-Blanc connaît également un succès immédiat et devient une référence absolue pour les jeunes lecteurs dans le monde entier. 

Le couple fait ensuite un grand voyage autour du monde et découvre notamment le beautés d'Hawaï et de la polynésie française.  

De retour chez eux en 1909, il se consacre à son ranch californien et étend le domaine. 

Un bébé mort-né et une fausse couche font comprendre au couple qu'ils n'auront jamais d'enfants. 

Jack était dans l'excès pour tout (travail, tabac, alcool...). Il témoigne de sa dépendance dans un récit autobiographique, Le Cabaret de la dernière chance. Après s'être impliqué dans le cinéma, il fait développer une série de 7 longs-métrages sur ses romans, produits avant même la naissance d'Hollywood. 

Il décède à l'âge de 40 ans le 22 novembre 1916, dans son ranch.  

Le documentaire se termine sur une phrase magnifique de Jack London : « La fonction propre de l’homme est de vivre, non d’exister (…) Je ne perdrai pas mes jours à essayer de prolonger ma vie. Je veux brûler tout mon temps. »