Goncourt et Renaudot 2017 : l'histoire à l'honneur avec Eric Vuillard et Olivier Guez

Eric Vuillard Olivier Guez Prix Goncourt Renaudot 2017
DR - Olivier Guez et Eric Vuillard

Eric Vuillard, Goncourt 2017 : «Je suis surpris, on le serait à moins ! »

Alors que le Goncourt prime habituellement un livre de la rentrée, son choix s’est rapidement porté (au 3eme tour de scrutin seulement) sur L’Ordre du Jour d’Eric Vuillard, paru au printemps : «Tous les jeunes gens devraient livre ce livre pour comprendre le mécanisme du mal politique. C’est une leçon de littérature parce qu’Eric Vuillard écrit admirablement, et une leçon de morale politique, parce qu’il démontre très bien comment une petite bande de gens qui font bloc arrive, par l’intimidation et la brutalité, à circonvenir un pays, à le transformer et à déclencher la catastrophe mondiale. »

L’Ordre du Jour, c’est le récit de l’arrivée d’Hitler au pouvoir, avec le soutien financier de marques aujourd’hui mondialement connues, Bayer, Opel, Krup, Siemens, Allianz, etc. «Comment toute une société et pour part ses élites, glisse et se corrompt, consciemment ou non », résume Eric Vuillard, «mais il y a des degrés de conscience. D’une certaine façon, le passé nous fait signe, des signes ambigus… . »

Quant au prix lui-même, sa « surprise » d’avoir eu son livre « dans la liste du Goncourt» ne l’empêche pas d’y goûter : «c’est comme le bac, on préfère l’avoir que de le rater ! »

Olivier Guez, Renaudot 2017 : un « plaisir jouissif que d’accompagner Mengele à son tombeau »

C’est le « roman-vrai  de la cavale après-guerre de Josef Mengele , que retrace La disparition de Josef Mengele. «Planqué dans la bienveillante Amérique Latine de Peron », le  médecin tortionnaire d’Auschwitz sera retrouvé mort sur une plage en 1979, à l’issue d’une errance de trente années. Une « plongée au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition ». Olivier Guez accueille le prix Renaudot comme « un plaisir jouissif de l’avoir accompagné jusqu’au tombeau. Un devoir ! ». Et un appel pour que « le monde et nous-même, fassions un peu plus attention. » 

 

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