Gaël Faye voit son premier roman récompensé du Goncourt des lycéens

Ce jeudi 17 novembre, l'auteur franco-rwandais Gaël Faye remporte le prix Goncourt des lycéens 2016 pour son tout premier roman, Petit pays, publié aux éditions Grasset en août dernier. Des élèves de 56 lycées français composaient le jury de Rennes cette année. 

Parmi les 7 auteurs finalistes (dont Leïla Slimani, déjà lauréate du Goncourt), le prix a été décerné au jeune homme de 34 ans. Celui-ci a immédiatement réagi sur son compte Twitter afin d'exprimer son allégresse. 

Déjà 3 grands prix littéraires 

Gaël Faye était déjà lauréat du prix du roman Fnac et du prix du premier roman ces deux derniers mois. Le Goncourt des lycéens est donc sa troisième grande récompense, et pas des moindres puisqu'elle lui vaudra une moyenne de ventes de 395.000 exemplaires !

"C'est le prix qui me faisait rêver depuis le début", affirme-t-il avec émotion dans son interview pour Le Point. L'auteur anime des ateliers d'écriture depuis des années au sein des écoles. "L'écriture m'a beaucoup aidé dans la vie, alors ça me permet de transmettre un peu cette passion." 

Un roman très autobiographique

À travers le récit de Gabriel, un petit garçon de dix ans qui vit au Burundi dans les années 90, Gaël Faye aborde des thèmes qui lui sont chers : la guerre au Rwanda, le parcours initiatique d'un garçon à la recherche de son identité (initiation qui se fait d'ailleurs par les livres) et la barbarie de certains hommes. 

À cette dimension tragique s'ajoute tout de même la joie et l'insouciance de la jeunesse, ce qui donne encore plus de force au roman car l'absurdité de la guerre en est démultipliée. 

Auteur, mais aussi chanteur 

Gaël Faye s'est d'abord fait connaître dans la chanson, et plus particulièrement dans le genre du rap. "Petit pays" est d'ailleurs un de ses titres phares avec "Je pars" et "Ma femme", que l'on retrouve dans son album sorti en 2013. Sa musique est empreinte d'exotisme et nous fait voyager avec plaisir entre la France et le Burundi, son pays natal

L'écrivain a d'ailleurs inauguré le festival Paris en toutes lettres la semaine dernière avec une lecture musicale de son roman. 

 

Quelques citations tirées du roman :

  • Certains soirs, le bruit des armes se confondait avec le chant des oiseaux ou l’appel du muezzin, et il m’arrivait de trouver beau cet étrange univers sonore, oubliant complètement qui j’étais.
  • – Nous vivons sur le lieu de la Tragédie. L’Afrique a la forme d’un revolver. Rien à faire contre cette évidence. Tirons-nous. Dessus ou ailleurs, mais tirons-nous !
  • Rien n’est plus doux que ce moment où le soleil décline derrière la crête des montagnes. Le crépuscule apporte la fraîcheur du soir et des lumières chaudes qui évoluent à chaque minute. À cette heure-ci, le rythme change. Les gens rentrent tranquillement du travail, les gardiens de nuit prennent leur service, les voisins s’installent devant leur portail. C’est le silence avant l’arrivée des crapauds et des criquets.

Découvrez vite ce formidable Petit pays, révélation littéraire de l'année !