Focus sur Le choix d'une vie d'Alia Cardyn

Le choix d'une vie Alia Cardyn
© DR - Editions Charleston

Après le succès de son premier roman Une vie à t'attendre (prix des Lecteurs club 2016), l'auteure belge Alia Cardyn nous fait découvrir à travers Le choix d'une vie l'histoire d'une demoiselle de vingt-cinq ans, Mary, à qui l'on annonce qu'elle ne pourra bientôt plus avoir d'enfants. Seule solution pour la jeune célibataire : recourir à la procréation médicalement assistée (PMA). 

Un bébé express, vous dites ? 

Les jours sont comptés et Mary n'a que peu de temps pour décider de son éventuelle maternité. Est-elle faite pour être mère ? Le veut-elle seulement ? Son coeur de vingt-cinq ans lui dit qu'elle n'est pas prête, d'autant que la perte de ses parents suite à un accident de voiture l'a fragilisée sur ce sujet de la parentalité. Pourtant, plus elle y pense et plus elle le désire, ce petit être qui ne verra probablement jamais le jour. Assistée d'une psychologue spécialisée et pleine de douceur, elle parvient petit à petit à calmer l'angoisse qui lui colle à la peau depuis qu'elle doit prendre cette décision si grave et hâtive. Mais son incertitude est loin d'être le seul obstacle, car en plus de devoir se persuader elle-même qu'elle fera une bonne mère, il faut également qu'elle convainque les membres d'un jury que le bébé à naître sera entre de bonnes mains... 

Des personnages profondément humains

En plus de Mary, nous suivons à travers ce roman choral la vie de trois autres personnages secondaires : Archibald le jardinier et ange gardien  silencieux de Mary, Adelaïde la secrétaire du cabinet médical qui se plaît à imaginer un avenir meilleur pour ses patients, et Jack, un donneur de sperme qui, consciemment ou non, coche une case spéciale du formulaire...  Chacun d'entre eux nous révèle sa boule de chagrin et d'amertume, ses défauts ainsi que ses traits de caractère si attachants. Alia Cardyn varie la forme en utilisant la narration pour certains et l'écriture épistolaire pour d'autres, ce qui contribue à donner du rythme au récit et à nous faire tourner les pages de façon presque compulsive. 

Un hymne à l'amitié 

Que serait-on sans nos amis ? Ce récit nous rappelle à quel point ces derniers se révèlent précieux dans les moments difficiles. Mary en prend conscience aussi et cette présence chaleureuse allège heureusement le ton dramatique du roman. Car l'auteure ne nous épargne ni la mort, ni la maladie, ni la solitude... Les amis interviennent et nous apportent l'humour dont nous avons besoin, nous et Mary, pour reprendre courage et espoir en la vie. Ponctué de quelques titres musicaux marquant les épisodes forts (glissés subtilement par l'auteure), ce livre se ferme en laissant une trace dans un coin de notre esprit. L'idée que quels que soient les choix que nous ferons à l'avenir, la vie restera douce grâce à l'amour de nos proches... 

Découvrez un premier extrait ! 

"Auparavant, lorsque mon corps s'animait, il n'y avait que cette pensée. Je ne serai jamais maman. Les plus beaux clichés de la maternité affluaient et je me répétais cette phrase terrible. Je ne serai jamais maman. Désormais, mon esprit se concentre sur la caresse et je gagne quelques secondes, parfois même une minute. Mes pieds sont accueillis et ce moelleux ralentit le processus inéluctable. Puis, je percute le sol dur et froid et la phrase revient. Je ne serai jamais maman. J'aurais pu être tant de mères, l'imparfaite, la mère poule, la bohême, la rigide ou l'étourdie, mais à tout juste vingt-cinq ans, cela m'est déjà enlevé." 

 

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