Ces écrivains de la Grande Guerre

Ces écrivains de la Grande Guerre
© DR - Blaise Cendrars en uniforme de la Légion étrangère (1916)

Les écrivains ont payé un lourd tribut lors de la première guerre mondiale. Envoyés sur le front, certains meurent tandis que d’autres reviennent meurtris dans leur chair ou brisés. Ils ressentent alors un besoin vital de raconter l’effroyable. La Grande Guerre, cette catastrophe humaine, devient le sujet d’une production littéraire féconde. Avis aux lecteurs, ici la gravité est de mise !

Guillaume Apollinaire

Apollinaire

Déjà pleinement reconnu, le poète s’engage en décembre 1914. Jusqu’en 1918, il ne cesse d’écrire aux femmes dont il est amoureux : Lou, Madeleine ou Jacqueline. Face à la peur et au danger, l’amour enflamme sa plume et le protège de l’horreur qui l’entoure. Très affaibli par une blessure à la tempe en 1916 provoquée par un éclat d'obus, il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, à l'âge de 38 ans.

Georges Duhamel

Georges Duhamel

Bien que réformé, le médecin, écrivain et poète s’engage en tant que chirurgien. Il occupe pendant quatre ans les fonctions de médecin dans des unités d'auto-chirurgie. Durant les périodes d’accalmie, il s’initie à la flûte traversière en même temps qu’il débute la rédaction de Vie des martyrs, où il raconte la souffrance des blessés. Il publie ensuite Civilisation, témoignage sur les ravages de la guerre, qui obtient le prix Goncourt en 1918.

Alain-Fournier

Alain-Fournier

Tué dans les premières semaines du conflit, le 22 septembre 1914, il ne connaîtra jamais le succès que son roman, le Grand Meaulnes, paru en 1913, va rencontrer auprès de générations entières d'adolescents. Il avait 27 ans. Le mystère qui entoure sa mort n’est levé qu’en 1991 : son  corps est alors retrouvé et identifié dans une fosse commune, sans doute creusée près du lieu du combat.

Charles Péguy

Charles Peguy

Le 5 septembre 1914, Charles Péguy, ardent nationaliste et favorable à la guerre, est tué d'une balle dans le front alors qu’il dirige une attaque contre les troupes allemandes près de Meaux. A 41 ans, sa renommée de poète mystique et d'intellectuel était solidement établie, notamment en tant que fondateur de la revue littéraire des "Cahiers de la Quinzaine", qui fit découvrir de nombreux jeunes écrivains.

Blaise Cendrars

Blaise Cendrars

En août 1914, le poète français d'origine suisse s’engage comme volontaire dans l’armée française. Grièvement blessé le 28 septembre 1915, il est amputé de son bras droit… d’écrivain. Dans La Main coupée, Cendrars raconte l’année qu’il a passée au front en condamnant les idéologies belliqueuses. Deux autres ouvrages en écho, J’ai tué et J’ai saigné, décrivent la violence de cette guerre et le traumatisme subi par les combattants.

Louis-Ferdinand Céline

Louis-Ferdinand Celine

Blessé au combat le 27 octobre 1914, Céline est réformé et travaille au consulat général de France à Londres. Il reviendra constamment sur les séquelles de cette blessure, auxquelles il attribuera des maux incurables. Voyage au bout de la nuit, son premier roman, relate à la première personne l’enfer de la guerre, qu’il qualifie d' « abattoir international en folie ». Adoptant un langage oral et argotique, il fera polémique et révèlera cet écrivain encore inconnu.

Maurice Genevoix

Maurice Genevoix

Jeune normalien, Genevoix a 24 ans quand il est mobilisé pour partir au front. Blessé en 1915, il est réformé, et entre en littérature par la guerre. Son recueil Ceux de 14 raconte les huit mois au front, à Verdun notamment : face à l’horreur des conditions de vie – boue, froid, déshumanisation, mort, le lecteur assiste à la montée du découragement chez les soldats. Par son souci d’exactitude, il est le meilleur porte-parole de ces combattants à qui on a demandé « plus qu’on ne pouvait demander à des hommes ».

Jean Giono

jean giono

Mobilisé dans l’infanterie, Giono combat sur le front des Eparges, à Verdun, au Chemin des Dames et au Kemmel, entre 1916 et 1918. Gazé en Belgique en 1918, il est démobilisé. Choqué par l’horreur de la guerre, il deviendra un pacifiste convaincu. Le Grand troupeau, puissant réquisitoire contre la guerre, alterne des scènes du front, avec la violence des combats, les mutilations volontaires et les désertions, et scènes du village où les femmes et les anciens vivent dans l’attente et l’angoisse.

Erich Maria Remarque

erich maria remarque

L'écrivain allemand est envoyé sur le front de l'ouest en juin 1917, où il est blessé dès la fin juillet par des éclats de grenade. Il tirera de son expérience l'un des plus beaux récits de cette guerre, À l'ouest rien de nouveau. Le roman illustre le fervent pacifisme de Remarque (exception dans la littérature d’outre-Rhin) et connait, dès sa parution en 1928, un très grand succès (ce livre fut brûlé lors des autodafés nazis en 1933).

Ernest Hemingway

Ernest Hemingway

L’écrivain américain, brancardier sur le front italien, est blessé par un tir de mortier. Pendant sa convalescence de trois mois dans un hôpital de Milan, il s’éprend d’une infirmière qui lui inspirera le personnage de l'Adieu aux armes. D’inspiration autobiographique, son roman raconte l'histoire d'amour tragique entre un ambulancier américain engagé dans l'armée italienne et une infirmière anglaise. Hemingway y dépeint le cynisme des soldats et une guerre futile et destructrice.

 

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