Ces écrivains célèbres à titre posthume

ces écrivains au succès posthume
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Les lauriers après les chrysanthèmes : d’abord tu meurs, ensuite on te reconnaît. Paix à leur âme et longue vie à leur œuvre. Nos lectures les accompagnent…

Raymond Radiguet, l’étincelle

radiguet

Il n’eut pas une seconde à perdre : à 15 ans journaliste et ses premiers poèmes déjà publiés ! Dans la foulée, Radiguet (1903-1923) se lie d’amitié avec Cocteau et fait la connaissance biblique de femmes, dont Béatrix Hastings, l’ex de Modigliani. Il a 17 ans quand Grasset publie Le Diable au corps. Et puis, fini : la fièvre typhoïde. Radiguet ne connut pas le succès du Bal du comte d’Orgel. Pas même le temps d’être majeur !

Herman Melville, le naufrage mental

MOBY DICK

Moby Dick le fit chavirer : ça ne vous intéresse donc pas, mon marin Achab à bord de son baleinier Le Péquod, qui rencontre un cachalot ? Ben non, ça  fit « flop » en Angleterre et un peu pareil aux Etats-Unis. Melville en jeta la plume, pour se murer  dans  une dépression à en mourir. Comment deviner que Gregory Peck serait le capitaine Achab face à la caméra de John Huston ?  Et que des générations d’enfants rechercheraient, à leur tour, la baleine blanche. Fallait pas être amer comme ça, Herman !

Kafka,  ses dernières volontés au panier

kafka

Kafka avait désigné son meilleur ami l’écrivain Max Brod, comme son exécuteur testamentaire. Tout détruire après sa mort, telle était la consigne. Max Brod ne put s’y résoudre, qui sauva le talent de son ami de la monstruosité nazie, en fuyant Prague pour la Palestine, les manuscrits sous le bras. Le Procès et Le château auront vécu bien dangereusement, avant de s’inscrire aux programmes scolaires. Le Château, que Kafka n’avait pas fini : il s’était interrompu au milieu d’une phrase !

Scott Fitzgerald, Nabab juste après

SCOTT FITZGERALD

Clap de fin, alors que le despote hollywoodien Monroe Stahr réalise qu’il n’éveille aucun sentiment chez Kathleen, le sosie de sa femme : terrassé par une crise cardiaque, Scott Fitzgerald ne put achever Le Dernier Nabab. Notez qu’il y eut des signes avant-coureurs : Gatsby le Magnifique et Tendre est la nuit n’avaient pas rapporté grand-chose au chef de file de la Génération perdue. Sauf que le cinéma qu’il aimait tant, lui rendra au centuple. Merci, Elia Kazan.

Emilie Brontë, cette connivence avec les cimetières

EMILY BRONTE

Quand Cioran fait votre éloge, c’est un indice (De l’inconvénient d’être né). Une vie programmée, que celle des sœurs Brontë : presbytère, cimetières, courants d’air. L’oxygène ne peut être qu’imaginaire : c’est Gondal, ce monde inventé par les enfants Brontë, à partir des douze soldats de bois offert par papa. Pourquoi en sortir ? En naîtront leurs poèmes publiés à compte d’auteur, sous pseudo masculin. Les Hauts de Hurlevent ? La bible de la littérature anglaise, oui mais une fois Emilie délivrée du tourment.

Irène Némirovsky, l’humanité en déroute

IRENE NEMIROVSKY

C’est le seul écrivain distingué par le Prix Renaudot à titre posthume (2004) : Irène Némirovsky mourut à Auschwitz en 1942. Sa fille retrouva Suite française, ce récit aux premières loges, d’une famille lors de l’exode de 1940 : en prise directe avec les événements ! Un sacré kaléïdoscope de l’humanité, entre le bourgeois répugné par la populace, l’amant qui en largue sa cocotte, et la mère qui jette son enfant comme un paquet, pour sauver sa propre peau.

Anne Frank, à seulement 13 ans

Anne Frank

L’adolescente rêvait de devenir écrivain. Seul survivant de la famille raflée par les nazis près avoir été trahie, son père, Otto, fera publier le Journal de sa fille, décédée en mars 1945 à Bergen-Belsen. Pendant les deux années où ils se cachèrent dans l’annexe de l’Opekta, l’entreprise paternelle sur le Prinsengracht à Amsterdam, Anne Frank livra à son Journal intime, leur  angoisse au quotidien. Et sa jeunesse. D’une sidérante maturité.

Le Guépard, rien que pour Burt Lancaster

GIUSEPPE TOMAS IDI LAMPEDUSA

… et Claudia Cardinale et Alain Delon. Le film le plus magistral de Luchino Visconti est son adaptation de l’unique roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Cet aristocrate s’adonna tellement à la lecture, qu’il ne prit la plume que fort tard. Mais pour un coup d’épée, ce fut un coup de maître : publié au lendemain de sa mort (1958), Il Gattopardo fut primé (prix Strega) et encore primé (palme d’Or, Cannes 1963).

Stieg Larsson, le cœur qui lâche au moment de souffler


Faites-vous partie des plus de cinquante millions de lecteurs du Millénium ? C’est ce qui s’appelle décrocher le jackpot. Sauf que l’auteur de la fameuse trilogie – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, La Reine dans le Palais des courants d’air – eut le cœur qui lâcha à l’instant-même où il posa la plume. Le truc de dingue, il venait juste d’envoyer ses manuscrits à son éditeur suédois.  

Vickie Gendreau, un vrai Testament

Vickie Gendreau

En juin 2012, Vickie Gendreau se fait diagnostiquer une tumeur au cerveau. L’ex-danseuse nue de 23 ans léguera à ses proches le récit de sa dernière année. En se mettant « dans la peau » de celle qui n’est plus et de ceux qui se souviendront d’elle. «Tout est impératif maintenant dans ma vie. C’est probablement la dernière peine d’amour que je vis. Ça fait mal les dernières fois, c’est vulgaire la vie. ».  Elle décèdera en mai 2013.

Au fait, Chateaubriand ?

CHATEAUBRIAND

Les Mémoires d'outre-tombe, comme leur nom l'indique ? Oui et non. François-René de Chateaubriand les avait intitulées Les Mémoires de ma vie  : après avoir publié ses Oeuvres complètes. Il n'en demeure pas moins que le récit de sa vie devint son oeuvre magistrale, publiée après sa mort d'abord en feuilleton dans la Presse, puis en librairie. Lui-même en avait fait la lecture publique chez Juliette Récamier. La classe.

 

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