7 écrivains célébrissimes dont le premier roman fut refusé

7 écrivains célèbres manuscrits refusés
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Les éditeurs n'ont pas toujours vu juste et se sont parfois mordu les doigts d'avoir refusé le manuscrit de certains auteurs, aujourd'hui mondialement reconnus pour leur talent. Du XXe siècle à nos jours, voici 7 écrivains extrêmement célèbres qui ont essuyé refus sur refus.... 

1. Marcel Proust

Marcel Proust Du côté de chez Swann

Nous connaissons tous ce grand écrivain du XXe siècle  pour sa Recherche du temps perdu et son premier récit, Du côté de chez SwannEh bien celui-là même fut refusé en 1912 par...absolument tous les éditeurs parisiens ! Finalement, le pauvre Proust finira par faire paraître ses 712 pages à compte d'auteur, chez Grasset. Un constat qui nous montre bien que les éditeurs sont capables de se tromper lourdement... Ce fut d'ailleurs le cas d'André Gide, alors membre du comité de lecture de la NRF (Gallimard). En 1914, ce dernier écrira à son contemporain : "Le refus de ce livre restera la plus grave erreur de la NRF, et (car j’ai cette honte d’en être beaucoup responsable) l’un des regrets, des remords, les plus cuisants de ma vie. […]". 

2. James Joyce

James Joyce Ulysse

C'est à Paris que paraît pour la première fois le célèbre et monumental Ulysse de Joyce, en février 1922. L'écrivain Valery Larbaud a aussitôt proposé une traduction du roman chez Gallimard, mais peine perdue : l'éditeur Jacques Rivière considère ce récit comme "un vain bavardage", et Paul Claudel va jusquà qualifier d'immonde l'oeuvre de Joyce. Sept ans plus tard, Gaston Gallimard prend conscience de sa lourde erreur : le roman a déjà obtenu un large succès dans sa version anglophone... Après une longue négociation, l'éditeur français arrivera finalement à racheter Ulysse pour la modique somme de 22.000 francs (12.000€) et 5% des droits de Joyce... 

3. Louis Ferdinand Celine

Louis Ferdinand Celine Voyage au bout de la nuit

En avril 1932, le docteur Louis Destouches alias Louis Ferdinand Celine dépose son manuscrit de 700 pages, Voyage au bout de la nuit, aux éditions Gallimard. On peut lire dans sa lettre de présentation : "C'est du pain pour un siècle entier de littérature". Ce n'est pas tout à fait ce qu'en pense Benjamin Crémieux, membre du comité de lecture qui, le 24 juin, note : "Roman communiste contenant des épisode de guerre très bien racontés. Ecrit par moments en français argotique un peu exaspérant, mais en général avec beaucoup de verve. Serait à élaguer." Après plusieurs entrevues espacées qui traînent en longueur, Celine décide de confier son oeuvre à Robert Denoël, ce dernier lui montrant plus de considération et ayant eu le mérite de terminer son roman en seulement une nuit...  Vingt ans plus tard, le contrat de Celine l'autorise à se trouver un nouvel éditeur et Claude Gallimard (le fils) saute sur l'occasion. L'écrivain en position de force profite de la situation pour exiger 18% des droits d'auteur ! 

4. Margaret Mitchell 

Margaret Mitchell Autant en emporte le vent

En 1936, l'agence Bradley soumet Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell à la maison d'édition Gallimard (oui, encore elle !), qui refuse quelques mois plus tard. "Il ne m'apparaît pas opportun de publier un roman historique sur la guerre civile américaine", commente Ramon Fernandez à l'époque. Son ultime argument : "d'autant que le livre est très gros"... Hachette est prêt à accepter aussitôt l'opportunité de cette traduction, mais le fin Gaston décide finalement de racheter le contrat à son concurrent. Trois ans plus tard, Gaston Gallimard peut se vanter d'avoir eu du nez : l'oeuvre de Margaret Mitchell est tiré à 385.000 exemplaires...! 

5. Julien Gracq

Julien Gracq Au château d'Argol

Julien Gracq, c'est le pseudonyme que se donne le professeur Louis Poirier en 1938 lorsqu'il envoie son premier roman, Au château d'Argolchez Gallimard (encore et toujours...). La fiche de lecture composée par l'un des membres du comité de lecture est une véritable douche froide : "terriblement ennuyeux, inutile", "ses phrases sont entortillées et il met une page à dire ce qui pourrait l'être en trois lignes". L'écrivain ne se décourage pas pour autant et obtient un contrat chez José Corti.  

6. JK Rowling

JK Rowling Harry Potter

JK Rowling ne s'en cache pas : son célèbre apprenti sorcier a eu du mal à percer. C'est, au total, pas moins de douze refus qu'essuie l'écrivaine alors au RMI. Jusqu'au jour où un petit éditeur londonien accepte de miser sur Harry. 

Dotée de très peu de moyens financiers, JK Rowling avait demandé aux maisons d'édition de lui renvoyer son manuscrit en cas de réponse négative. Cette demande lui valut plusieurs réponses désagréables : "La chemise que vous nous avez envoyée ne rentrerait pas dans l'enveloppe", prétend l'un des éditeurs contactés. S'il avait su que cette chemise aurait pu lui valoir, quelques années plus tard, des milliards de dollars, la réponse aurait certainement été un peu moins agressive...  

7. Stephen King

Stephen King Carrie

Le roi de l'épouvante et du suspense a lui aussi vu son premier roman, Carrie, se faire rejeter par de nombreux éditeurs... Une trentaine, au total ! Découragé, l'auteur pensait même à abandonner son projet. Fort heureusement pour nous, son épouse l'a poussé à continuer. Le récit fut finalement publié et Stephen King compte parmi les auteurs les plus lus au monde... 

 

Vous avez produit un texte et l’avez soumis à plusieurs maisons d’édition, mais vous n’avez reçu que des lettres de refus ? Voilà de quoi vous remonter le moral et vous redonner l’énergie qui vous manquait peut-être pour aller de l’avant. Continuez d’écrire !  Cet article est bien la preuve que seule la persévérance paye…

 

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