5 héros de polars à découvrir absolument

héros de polar à découvrir absolument
Juanjo Puigcorbé dans le rôle de Pepe Carvalho © Lagardère Studios

Le roman policier européen existe-t-il ? Ce genre, souvent méprisé par les grands cercles littéraires, nous a souvent fait découvrir de grands auteurs (Conan Doyle, Simenon, Malet, Dard), la plupart du temps reconnus seulement après leur mort. Un oubli  impardonnable, tant ces écrivains savaient mieux qui quiconque décrire une époque, une société, une atmosphère, à travers leurs écrits savoureux, maniant avec dextérité leur langue natale.

Heureusement, de nos jours, ils sont reconnus à leur juste valeur, ne serait-ce que par le public qui s’arrache leurs romans. Ils ont de plus en plus nombreux sur le Vieux Continent, et il est assez étonnant d’observer que malgré leurs nationalités diverses, de nombreux points communs les rassemblent. 

Petite revue de détail avec :

- la Française Fred Vargas et son héros, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg

- l’Italien Andrea Camilleri et les enquêtes du commissaire Salvo Montalbano 

- l’Espagnol Manuel Vazquez Montalban et le personnage du détective privé Pépé Carvalho

- le Belge Pieter Aspe et les aventures du Commissaire Van In

- l’Ecossais Ian Rankin et le personnage de l’inspecteur John Rebus

Des héros bien ancrés

Jean-Baptiste Adamsberg

Jean-Hugues Anglade dans le rôle du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg

Tous ces enquêteurs ont en commun de vivre et travailler dans des régions et des villes précises, abondamment décrits et illustrés par leurs auteurs.

Le commissaire Montalbano
C'est un authentique Sicilien, vivant dans le sud de l’île, ce qui permet à Andrea Camilleri de peindre un tableau souvent caustique mais tendre de la société sicilienne, à travers ses personnages truculents et hauts en couleur, en utilisant des dialogues mélangeant la langue de Dante, le dialecte local et l’étrange accent sicilien qui amuse tant les lecteur transalpins.

John Rebus

Ce flic écossais travaille à Edimbourg. Ian Rankin, loin des clichés touristiques sur la capitale de l’Ecosse, nous fait découvrir une cité inquiétante, dangereuse, sournoise. Si le langage utilisé est un anglais britannique académique, il n’hésite pas à utiliser l’argot conventionnel ou inventé par lui-même, et des mots ou expressions scots.

Pépé Carvalho

Pépé Carvalho, lui, est catalan, ce qui permet à son auteur Manuel Vazquz Montalban de décrire l’étonnante singularité de cette région par rapport au reste de l’Espagne. Carvalho passe sans vergogne du Castillan à sa langue régionale dans ses enquêtes, se moquant des conventions issues du Franquisme.

Le commissaire Van In 
Ce personnage crée par l'auteur belge Pieter Aspe habite à Bruges, c’est un pur Flamand, amoureux de sa magnifique cité, mais qui ne porte guère dans son cœur ses habitants très bourgeois. Néerlandophone, il utilise un des nombreux dialectes flamands, glissant çà et là quelques expressions françaises.

Jean-Baptiste Adamsberg
Né dans le Béarn, il travaille au Quai des Orfèvres, mais il est souvent amené à se déplacer en Normandie, la région où vit Fred Vargas. Celle-ci en profite pour égratigner gentiment les manies et les us et coutumes des autochtones, tout en nous faisant découvrir avec poésie les magnifiques paysage normands.

Des flics humains et bons vivants

Pepe Carvalho

Juanjo Puigcorbé dans le rôle de Pepe Carvalho

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucun de ces héros n’est lisse. Ce ne sont pas des cerveaux géniaux comme Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, mais des enquêteurs tenaces, patients, fins connaisseurs de l’âme humaine, et bien peu austères !

Pépé Carvalho, ancien détenu de l’ère franquiste, est un privé authentiquement anarchiste, provocateur, et un fin gastronome. Souvent aux fourneaux, il aime se préparer de bons petits plats en solitaire. Il sonde mieux que quiconque l’âme humaine, se refusant à juger l’autre.

Adamsberg est un personnage rêveur, toujours dans la lune, réfléchissant peu, se fiant à son intuition et à son sens de l’observation. Il a du mal à se concentrer longuement, surtout lors des réunions, préférant dessiner sur un petit carnet ses collègues. Mais il sait parfaitement se mettre dans la peau des suspects, pour mieux les comprendre. Il ne sait absolument pas cuisiner, c’est pourquoi il dîne et déjeune dans des restaurants simples mais authentiques, y compris à l’étranger, n’hésitant pas à goûter aux cuisines locales.

Montalbano n’a pas beaucoup d’estime pour sa hiérarchie, les institutions et la politique. Esquivant toujours habilement et avec malice les multiples pressions de l’appareil judiciaire, il se concentre avant tout sur l’Homme, ses pulsions, ses désirs, ses faiblesses, afin de démasquer les criminels. Il a également un solide coup de fourchette, déjeunant tous les midis à la trattoria Calogero pour y déguster ses produits frais, souvent issus de la mer, et se délectant le soir des merveilleux plats préparés par sa femme de ménage.

Van In, le mélancolique flic brugeois, aime bousculer et provoquer la très bourgeoise société flamande, traquant les non-dits, les rumeurs, les secrets de familles soigneusement enfouis, tout en se méfiant des clichés et des idées toutes faites. Il a une passion pour la bière belge Duvel, passion dévorante qui lui vaut un ventre proéminant et quelques gueules de bois carabinées…

John Rebus n’est pas non plus un modèle de vertu : Très porté sur la bouteille (Single Malt de préférence), accro à la cigarette, amateur de musique rock des années 70, cet inspecteur bourru et quelque peu cynique, n’en est pas moins un fin limier, qui entre souvent en conflit avec sa hiérarchie, alors qu’il partage une certaine empathie avec les criminels qu’il côtoie.

Des entourages hauts en couleur

Montalbano

Luca Zingaretti dans le rôle de Montalbano

Nos héros, s’ils sont souvent solitaires, sont souvent accompagnés de collègues ou de complices occasionnels bien utiles à leurs enquêtes, des compagnons parfois très particuliers :

Le commissaire Van In, qui n’a guère l’esprit d’équipe, ne tolère dans ses investigations que Guido Versavel, un flic exubérant, homosexuel revendiqué, fine mouche, qui est le seul à comprendre les accès de mélancolie de son chef, dont il est très proche. Il le couvre quand le commissaire brugeois est victime de ses excès de boisson, ce qui arrive fréquemment.

Pépé Carvalho peut compter sur « Biscuter », un ancien détenu qu’il a connu dans les geôles franquistes, qui fait office à la fois de secrétaire et de cuisinier, et de « Bromure », un cireur de chaussures qui lui sert d’indic.

John Rebus est aidé par son collègue Brian Holmes, ainsi que par Siobahn Clarke, une jeune policière qui n’a pas froid aux yeux.

Le commissaire Montalbano est à la tête d’une brigade composée d’ »éléments » très divers : Son adjoint Mimi Augello, coureur de jupons invétéré, l’inspecteur Fazio, maniaque des fiches d’état-civil, le brigadier Gallo, véritable fou du volant, et le brigadier Catarella, préposé à l’accueil du commissariat en raison de sa stupidité et de sa maîtrise très approximative de la langue de Dante.

Quant à Jean-Baptiste Adamsberg, son équipe est encore plus étrange : un adjoint érudit et alcoolique, un capitaine qui parle en vers, une lieutenant aussi massive que courageuse, une informaticienne obsédée par la nourriture, un narcoleptique, un passionné d’ichtyologie et même un chat !

Des amours contrariées

John Rebus

Ken Stott dans le rôle de John Rebus

John Rebus est divorcé, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’a pas adouci son caractère de flic misanthrope et cynique. A moins que Siobahn Clarke ne parvienne à faire battre à nouveau le cœur du vieil inspecteur écossais…

Jean-Baptiste Adamsberg vit une relation compliquée avec Camille Forestier, dite « petite chérie », violoniste et passionnée de plomberie, avec qui il a eu un fils, Thomas. Ils se croisent plus qu’ils ne s’aiment, même si leurs sentiments réciproques sont sincères.

Divorcé lui aussi, Van In a retrouvé l’amour grâce à la belle Hannelore Martens, substitut du procureur, mais incapable de comprendre comment une si séduisante et brillante jeune femme comme elle peut s’attacher à lui, il plonge souvent dans des abîmes d’angoisse et de mélancolie.

Les amours de Salvo Montalbano ne sont pas simples non plus : sa compagne Livia vit à Gênes, à près de 1000 km de la Sicile ! Et la belle génoise a un caractère bien trempé, ce qui provoque d’innombrables disputes au téléphone. Sans compter que la sublime suédoise Ingrid ne laisse pas indifférent le commissaire sicilien.

Quant à Pépé Carvalho, son amie Charo est une prostituée indépendante, un mariage n’est donc pas près de survenir !

A chaque parution d’un nouvel ouvrage, les péripéties de ces cinq flics remportent un succès immédiat dans leurs pays respectifs, au point d’être devenus de véritables phénomènes de société. Alors qu’attendez-vous pour vous plonger dans leurs aventures ?

 

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